Idée reçue : être hafu au Japon n’a rien d’exceptionnel

On les surnomme “Hafu”, un dérivé du mot anglais “half” qui veut dire moitié-moitié. Les métis japonais sont souvent considérés comme étrangers à leur pays d’origine. Quand votre apparence ne concorde pas avec la culture à laquelle vous êtes censé appartenir, focus sur un problème de société particulier et trop peu connu.

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Les idées reçues sur les métis japonais

Bercé par le calme de son côté insulaire, jusqu’au XIX ème siècle, le Japon est un pays qui n’a connu que très peu de métissages. La plupart des dirigeants ont conservé le mythe selon lequel le peuple japonais était homogène et ont dressé la “ pureté raciale” comme valeur patriotique, au même niveau que le sens de l’honneur et du devoir.

Pourtant, ils sont prêts de 200 000 métisses à voir le jour chaque année depuis l’ouverture du pays sur le monde. Peu de parents de couples mixtes pensent aux problèmes d’identité culturelle que pourraient ressentir leurs enfants. Au Japon, les métisses – aussi appelés hafu – témoignent de leur difficulté à être admis par leurs pairs.

L’élection d’Ariana Miyamoto au titre de miss Japon avait quelque peu chamboulé le pays mais beaucoup s’étaient aussi félicités, voyant dans cette élection le signe que ce pays est plus tolérant qu’on ne le dit et s’ouvre progressivement. 

Un manque d’acceptation de la double culture

On me demande souvent pourquoi mon nom de famille est japonais et comment j’ai appris à parler la langue alors que j’ai grandis au Japon

On attend de moi que je me comporte exactement comme une japonaise, même si je n’ai pas vécu longtemps dans le pays.

A chaque fois que je reviens, on me fait comprendre que je ne suis pas vraiment à ma place. Je ne serais jamais comme les vrais “japonais”.”

Autant de témoignages recueillis suite à des remarques parfois vives, crues et peu délicates qui soulèvent des questions difficiles sur la quête sa culture. Etre métisse au Japon est loin d’être une chose facile et les préjugés sont rapides.

Vers une reconnaissance des Hafu au Japon

Pourtant, plus le temps passe et mieux l’intégration des Hafu est admise en société. Le Japon change doucement mais sûrement son regard sur le métissage. En témoigne l’élection de la jeune Miss Japon  Ariana Miyamoto. Avec un père d’origine afro-américaine, elle a grandi au Japon dans une banlieue de Nagasaki et a été la première métisse à obtenir le titre de Miss Japon.

Si on peut considérer que cette élection représente un grand pas en avant dans la culture japonaise, il faut aussi garder à l’esprit qu’Ariana Miyamoto a connu beaucoup de détracteurs. Nombreux sont ceux qui ont critiqués le choix des jury d’avoir préféré une “Hafu” plutôt qu’une “véritable japonaise”

C’est pour apporter plus de visibilité à ce problème culturel que le film Hafu a été tourné en 2009. Disponible en streaming depuis 2014, ce dernier retrace sous la forme d’un documentaire la vie d’une quinzaine d’Hafu et leurs difficultés à être considérés comme des individus japonais à part entière.

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